Et si on s'offrait un petit coup de jeûne ?

Qu’est-ce que le jeûne intermittent ?

 

“C’est un processus aussi naturel que le sommeil, l’accouchement, l’allaitement ou la mort”, explique le Dr Françoise Wilhelmi de Toledo. Le jeûne commence dès la digestion du dernier repas ! Durant la nuit, le corps débute une détoxination dont on peut ressentir certains désagréments au réveil, comme la bouche pâteuse ou des vertiges. On s’empresse alors d’y mettre un terme en “dé-jeunant”.

 

Quels sont les bénéfices pour la santé ?

 

Notre organisme sait très bien gérer le manque mais pas du tout l’excès ! Car nous mangeons trop, trop souvent et trop mal, et le corps s’encrasse : l'organisme devient incapable d'assimiler des nutriments essentiels. Plus on est intoxiqué, plus on est carencé !

 

Après un jeûne court, on se sent plus tonique, avec un teint plus clair. Il nous protège du vieillissement et renforce notre ADN. Il diminue l’asthme, les allergies, les rhumatismes. “Les maladies de civilisation sont des indications majeures du jeûne thérapeutique court, à condition qu’il soit suivi par un médecin capable de redoser la médication dès le premier jour, prévient le Dr Wilhemi de Toledo. Car dès les premières heures, la tension artérielle et le taux d'insuline sanguin s'abaissent, et tous les autres facteurs de risque de maladies cardiovasculaires tendent à se normaliser.”

 

 

 

Comment le corps s’adapte-t-il ?

 

Lorsqu’il est mis au repos, des mécanismes d’adaptations physiologiques se mettent en marche. L’énergie nécessaire à la digestion est redirigée pour nettoyer l’organisme. “Dès que l’apport extérieur de nourriture cesse, le corps enclenche automatiquement le programme d’autorestauration.” Il se nourrit alors de l’intérieur.

 

Car nos cellules disposent du combustible nécessaire en puisant dans les réserves de graisse, protéines, sucre, vitamines, minéraux et acides gras essentiels. “Les sécrétions digestives sont réduites au minimum ; les bactéries pathogènes disparaissent et la flore intestinale s’assainit ; l’apport d’allergènes alimentaires est inter-rompu, tout comme les substances stimulant l’inflammation.”

 

Comment pratiquer le jeûne ?

 

Il n’est pas nécessaire de pratiquer un jeûne de trois jours dès la première fois : on peut commencer par sauter un repas ; puis s’arrêter une journée quand on se sent prêt. “On peut jeûner un ou deux jours par semaine. Et si la faim nous tiraille, elle disparaît au bout d’une heure”, rassure le Dr de Toledo. Il faut bien sûr s’hydrater beaucoup : de l’eau de source et des tisanes (1,5 à 2 litres par jour).

 

Se préparer mentalement est aussi important : fixer la date et la durée, manger léger ou végétarien la veille. La journée de jeûne est un moment de retour sur soi : on vit au ralenti, en état de relaxation ou en méditation, avec quelques exercices doux (yoga, taï chi, qi gong).

 

“Le jeûne purifie le corps et l’esprit, et donne naissance à des énergies insoupçonnées. Par la suite, on redécouvre les véritables plaisirs de la table. Les sens sont aiguisés, les papilles sensibilisées et le palais remis à zéro”, conclut le Dr Wilhemi de Toledo.

 

F. G.

(Mon pharmacien et moi, juillet-août 2017)

 

En savoir plus

L’art de jeûner, de Françoise Wilhemi de Toledo (Éd. Jouvence).